Je devinais au chant des oiseaux que le jour s'était levé depuis longtemps et j'étais réveillé depuis un petit moment déjà. J'attendais que Bill se réveille, guettant sa respiration. Je cherchai à tâtons une de ses mains, cachée sous l'oreiller et entremêlai mes doigts aux siens. Je grelottai légèrement et sa main chaude vint réchauffer la mienne. J'eus soudainement envie de me blottir contre son corps chaud, ce que je fis. Je dus le réveiller, puisqu'il murmura mon prénom.
« Tom...
- Bonjour, dis-je d'une petite voix, légèrement enrouée. »
Il ne prit pas la peine de me répondre et me fit une petite bise sur la joue.
« Tu es réveillé depuis longtemps ?
- J'imagine que oui. J'espère que je ne t'ai pas réveillé ?
- Non. Tu as froid ? Demanda-t-il.
- Un peu, avouai-je.
- Oh. »
Comme pour me réchauffer, il resserra son étreinte et remonta les couvertures. Je profitai de ce moment, toujours concentré sur sa respiration et son souffle, contre mon cou. J'étais bien, là, au creux de ses bras. Les bras de mon frère, l'homme que j'aimais plus que tout au monde.
Je soufflai. Si seulement il y avait un moyen de le lui avouer...
Bill et moi vivions ensemble depuis un peu plus d'un an, à présent. Nous nous étions installés dans un appartement, pas bien loin de chez nos parents. C'est eux qui se chargeaient de payer le loyer. J'avais très envie de vivre seul, avec mon frère. J'étais bien entouré, à la maison. Ils voulaient tous m'aider à accepter mon handicap. Seulement, je ne voulais que Bill. C'est à ce moment là que j'ai commencé à réaliser l'immensité de mes sentiments, envers lui. J'ai découvert que j'avais besoin de lui, que je m'accrochais à lui comme je m'accrochais à ma propre vie. Qu'il était le seul avec qui je voulais construire mon avenir. Notre route était déjà tracée, quoi que nous fassions. Il nous restait plus qu'à la traverser. Ensemble.
« Tu veux prendre ton petit déjeuné ?
- Restons encore un peu, s'il te plait.
- Comme tu voudras. »
Je fermai mes paupières, comme pour profiter d'avantage de ce moment agréable.
Nous restâmes ainsi pendant de longues minutes, des heures, peut-être. Plus rien n'avait d'importance, dans ses bras. Juste la chaleur que dégageait son corps et la douce mélodie de sa respiration, qui avait le don de m'apaiser.
Bill déposa un baiser sur ma joue, puis un nouveau dans mon cou, avant de chuchoter mon prénom. Le timbre de sa voix, la douceur de ses lèvres firent accélérer mon rythme cardiaque. Quand vas-tu cesser d'affoler mon c½ur ?
La matinée était déjà bien avancée et nous daignâmes nous lever. Bill me prit par la main et me guida jusqu'à la cuisine. Il m'invita à m'asseoir et s'activa à préparer mon petit déjeuner.
Il le faisait tous les jours et ne semblait pas s'en lasser. A croire qu'il adorait s'occuper de moi, comme si j'étais un enfant. Peut-être que c'était ainsi qu'il me considérait, après tout. J'en doutais, cependant.
Il posa un bol de chocolat chaud en face de moi et me donna un croissant. Quant à lui, il se contentera certainement d'un bol de céréales.
Bill m'installa dans le canapé et alluma la télévision à la chaîne des clips, puis alla se doucher. Une boule de poils se posa soudain sur moi. C'était Muesli, notre chat. Dès que nous avions emménagé à l'appartement, j'avais demandé à Bill d'en acheté un. C'est d'ailleurs lui qui a trouvé de prénom ridicule. Il ronronna.
Bill resta un long moment dans la salle de bains, avant de la libérer. Il m'y conduit, je pris une douche rapide et enfilai des vêtements qu'il avait lui même choisis avant de sortir à mon tour.
« Qu'est ce que tu veux faire, aujourd'hui ?
- Je ne sais pas.
- Nous pourrions nous balader, si tu le souhaites. Il fait du soleil, aujourd'hui. Ah moins que tu ais prévu autre chose ?
- Non. Une promenade, c'est parfait. »
Il ne dit rien pendant un petit instant puis souffla bruyamment. Une question me brûlait les lèvres.
« Mais dis-moi, tu ne devais pas sortir avec Irina, aujourd'hui ?
- Mm... Non. Elle a annulé. Elle ne m'a pas donné d'excuses, d'ailleurs. On remettra ça une autre fois.
- Oh, d'accord.
- On la fait, cette sortie ? Si tu veux, nous mangerons quelque part en chemin. »
Il y avait de l'enthousiasme, dans sa voix. Il était heureux. J'en souris. Mon frère était heureux et rien d'autre ne comptait.
Il se leva rapidement, me tirant par le bras, enfila sa veste et me tendit la mienne. Très vite, nous nous retrouvâmes dehors...
On vous l'accorde, il était vraiment temps que le premier chapitre fasse son apparition !
Voilà enfin des nouvelles depuis ... 4 mois ? Plus, peut-être.
Nous espérons que nous nous pardonnerez cette très longue attente et que le chapitre vous ait plu !
Faites-nous part de vos impressions. ;)
A&E.